La Fertilisation

15 juin 2017

La Fertilisation

En agriculture, la fertilisation vise :

 

  • à corriger les carences éventuelles du sol,
  • à maintenir en quantités suffisantes les éléments principaux,
  • à éviter l’appauvrissement du sol.

 

Tout cela n’a qu’un but : améliorer la productivité et la qualité des cultures.

 Les différents types de fertilisants :

 

A l’heure de démarrer une nouvelle culture, il est primordial d’analyser le sol dans le but d’en évaluer le potentiel de restitution des éléments nutritifs. Cette analyse est déterminante pour le choix de la culture ainsi que pour la stratégie de fertilisation qui sera employée. En fonction des besoins des végétaux choisis et de la richesse du sol, plusieurs solutions s’offrent aux agriculteurs.

 

 L’Amendement :

 

Ce terme couvre l’ensemble des apports minéraux ou organiques qui seront ajoutés au sol dans un but d’en améliorer ses qualités culturales.

 

Amendements liés au PH :

Dans le cas d’un sol trop acide, l’apport de chaux permet de rééquilibrer le PH. Cet apport vise à rendre le milieu propice à la culture que l’on envisage, en rendant disponibles les éléments du sol (meilleur échange cationique, donc meilleures qualités nutritives).

Dans le cas d’un sol alcalin dont le PH serait trop élevé pour la culture, on épandra de l’urée ou du sulfate d’ammonium. Cet ajout permet là aussi de rééquilibrer les propriétés du sol pour y introduire une culture qui ne supporterait pas les conditions que la terre offre.

 

 

Amendements liés à la structure du sol :

Dans le cas d’un terrain lourd et compact, en plus de travailler la terre, on incorpore du sable pour en alléger la structure et améliorer son drainage. Les plantes qui y poussent ne se trouvent pas asphyxiées et elles peuvent développer leur système racinaire à loisir. L’apport de tourbe a le même effet mais son utilisation se limite à de petites parcelles voire plutôt aux potagers.

 

 

Amendements liés à la fertilité du sol :

Les apports organiques tels que le fumier ou le compost ont un double rôle :

  • Amélioration de la structure physique du sol.
  • Amélioration de la fertilité de la terre.

 

Ces intrants permettent en effet d’alléger ou d’alourdir la terre en plus de l’enrichir d’un point de vue nutritif pour la plante. Ils ont aussi l’avantage de favoriser la vie microbienne que l’on sait primordiale pour la qualité du sol et la qualité des cultures. Les échanges symbiotiques microbes/végétaux permettent la dégradation des matières organiques pour les rendre disponibles aux plantes.

 

 

Les Engrais :

 

Les engrais visent à apporter assez d’éléments minéraux pour compenser ceux soustraits lors des cultures précédentes.

 

Les 2 types d’engrais :

  • Les engrais organiques : sang desséché, déchets de poissons, corne torréfiée, déchets végétaux, purin d’ortie… (apports de matières azotées)
  • Les engrais minéraux : produits synthétisés provenant de l’industrie chimique.

 

Dans les deux cas, les apports de ces matières visent à enrichir le sol pour assurer un bon rendement mais aussi s’assurer des qualités nutritives des cultures. Néanmoins il est impératif de bien en contrôler le niveau pour éviter tout effet de surdosage qui conduirait les plantes à souffrir ou à ne pas avoir suffisamment de valeur nutritive ou mécanique (pour la transformation : farines…)

Dans la catégorie des engrais organiques, nous retrouvons les déchets végétaux. L’enfouissement de matières organiques permet l’apport d’éléments indispensables pour la plante. La technique de semis sous couvert s’inspire directement de ce constat.

L’enfouissement du couvert ou des adventices répond à ce besoin d’enrichir le sol. C’est une des formes d’apport des plus écologiques qui soient.

Différentes techniques pour différents besoins :

 

D’autres facteurs rentrent en compte à l’heure d’enrichir le sol. Pour un sol à fort drainage par exemple, il sera impératif de se poser des questions en amont :

 

  • Un apport d’engrais minéral ne va-t-il pas être emporté puis s’infiltrer dans une nappe phréatique ?
  • Ne faut-il pas d’abord travailler sur la structure même du sol avant de l’enrichir ?
  • Un apport organique peut-il suffire pour pallier au problème ?

 

En se posant ces questions l’agriculteur s’inscrit dans une stratégie qui doit faire la part des choses entre plusieurs facteurs :

 

Rentabilité / Respect du milieu naturel / Qualité finale de la culture.

 

Au-delà de ces questions, se pose la question matérielle : Quel équipement pour quelle tâche ?

 

  • Pour l’engrais organique il s’agit souvent d’épandeuses qui permettent de couvrir de grandes surfaces de façon homogène
  • Pour l’engrais chimique plusieurs outils sont proposés : rampes de pulvérisation ( engrais foliaire/ produit phytosanitaire), système accouplés au semoirs (précis et évitant un passage supplémentaire), distributeur d’engrais (très précis, possibilité de créer des zones sur une même parcelle).

 

Les grands constructeurs proposent tous des solutions de plus en plus élaborées pour gérer les apports d’engrais. Certains systèmes sont même couplés au GPS pour pouvoir fournir à chaque partie d’une parcelle la dose idéale en fonction de la nature même du sol.

Les enjeux :

 

Au-delà du rendement des cultures, nous voyons bien que beaucoup de facteurs rentrent en ligne de compte. En plus de choisir telle ou telle méthode, le respect de l’environnement est primordial. Le pari réside dans l’utilisation raisonnée et respectueuse à l’égard de la nature, de ces précieux alliés que sont les engrais.

Aujourd’hui où la qualité d’une culture se mesure tant par ses qualités nutritives que par les moyens durables mis en œuvre pour la produire, certains ont choisi de se tourner vers des techniques respectueuses du milieu qu’ils cultivent en réduisant l’apport d’intrants et en érodant le terrain le moins possible. En enfouissant le couvert végétal  semé et choisi exprès, ils réduisent les quantités d’engrais chimiques déversés sur les sols.

Il faut croire que plusieurs écoles occupent encore le terrain, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. Néanmoins il est rassurant de constater que la conscience environnementale de chacun permet un usage de plus en plus raisonné de tous ces engrais.

C’est un grand pas pour l’environnement, mais aussi pour nous, consommateurs qui sommes en bout de chaîne et bénéficions de produits de bonne qualité. Nous devons être conscients l’impact sur notre santé est contrôlé par les garants de notre alimentation : les agriculteurs.

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