Optimiser les travaux de binage grâce à l’équilibre parfait

18 janvier 2023

Optimiser les travaux de binage grâce à l’équilibre parfait

Les travaux de binage

Ameublir, couper, émietter, herser, buter, protéger ; voici les concepts de base du désherbage mécanique, aussi appelé binage. Au cours des dernières décennies, cette technique ancienne a été plutôt malmenée.

Dépassée par l’utilisation souvent trop bon marché et malheureusement aussi de plus en plus facile des herbicides chimiques, cette méthode de lutte contre les mauvaises herbes, respectueuse de l’environnement et économe en ressources, connaît cependant une renaissance. Qu’il s’agisse des systèmes de caméra ou sonar pour la détection des mauvaises herbes ou, par exemple, des outils d’imagerie thermique permettant la protection des lieux de reproduction d’oiseaux menacés ; les technologies modernes et la numérisation de l’agriculture ouvrent la voie au retour du désherbage mécanique. Notamment en raison de l’interdiction imminente du désherbant total Roundup et son composant actif, le glyphosate, beaucoup sont à la recherche d’alternatives efficaces, bon marché et, surtout, réalisables. Ameublir, couper, émietter, herser, buter, protéger ; voici les concepts de base du désherbage mécanique, aussi appelé binage. Au cours des dernières décennies, cette technique ancienne a été plutôt malmenée.

Cet article ne cherche toutefois pas à comparer les systèmes des différents fabricants. Il souhaite plutôt offrir un aperçu sur les techniques (de binage) en elles-mêmes. En d’autres termes, quels outils fonctionnent dans, sur et pour quel sol. Les techniques modernes de binage permettent de répondre aux besoins de nombreuses cultures, mais elles doivent être utilisées correctement pour cela. Il faut donc déterminer précisément les travaux à effectuer et le résultat souhaité. Utiliser un outil approprié offrira un bon résultat dès le premier passage. Mais attention : en vouloir trop entraîne bien souvent de la casse. Avec au final, des baisses de rendement.

De manière générale, presque tous les fabricants proposent les outils suivants dans leur gamme : Des dents de herse ; des cœurs de bineuse, en plusieurs modèles ; différents socs à ailettes ou patte d’oie, généralement en plusieurs largeurs de travail ; des dents vibrantes, qui se composent d’un ressort supérieur — éventuellement avec un ressort de renfort — et d’une tige rigide ; des lames type planet, disponible également souvent en plusieurs largeurs de travail ; des plaques ou disques de protection ; des corps pour butteuse, en version rigide ou réglable ; des fraises de binage et des griffes de semoir. Commençons par l’outil le plus utilisé. Il porte de nombreux noms ; dent de herse, dents à ressort, dent de cultivateur danois, dent souple, dent en S, etc. C’est probablement celui qui est le plus connu.

Il n’est pas seulement utilisé pour le binage, mais aussi avec les vibroculteurs, les attelages de semis et pour une grande variété de tâches. Rien d’étonnant à cela, finalement, car c’est l’une des plus anciennes formes d’agriculture mécanique que l’on connaît. Il offre à la fois une forte vibration et une grande flexibilité. Les vibrations produites le rendent idéal pour émietter la terre. Équipé d’un soc étroit, il peut être utilisé pour ameublir les ornières. Selon les caractéristiques du sol travaillé, il peut être nécessaire d’utiliser un ressort de renfort afin d’augmenter la résistance de la dent. En fonction de la surface et de l’angle de travail, un soc patte d’oie peut être utilisée afin d’obtenir un léger effet de buttage ou de brassage.

En revanche, il n’est pas vraiment adapté aux travaux nécessitant de la précision, car ses grands mouvements ne permettent pas d’obtenir une ligne de binage régulière. Il existe heureusement un large éventail de socs de binage qui peuvent être combinés avec ce type de dent. Un ressort de renfort peut également augmenter la précision de travail. Par ailleurs, certains fabricants se servent des dents en S comme support pour des corps pour butteuse plus grands, fixes ou réglables. Les modèles standards des fabricants proposent souvent une coupe transversale de 32 x 12 mm. Parfois, une taille de 32 x 10 mm est également proposée. En principe, des sections transversales plus importantes sont également possibles. Les seules variations, dans ce cas, tiennent à la flexibilité de la dent. Le ressort de renfort, tenu avec la dent dans le même support, est alors un peu plus petit en coupe transversale. Si l’on pense à renforcer éventuellement l’outil ultérieurement, il faut donc toujours prévoir un support adapté. Des ailettes supplémentaires pour le support sont parfois également disponibles chez les concessionnaires de machines agricoles. Elles permettent d’éviter que la dent ne se déplace dans le support et n’endommage ainsi peu à peu le cadre.

Une telle protection n’est cependant nécessaire que dans des conditions très difficiles. En matière de précision, la dent vibrante est l’un des outils les plus efficaces et les plus polyvalents proposés par les fabricants. Associer un ressort supérieur vibrant et une tige rigide permettant un réglage en hauteur progressif permet d’obtenir une ligne de coupe régulière. Avec cette combinaison, la pression peut être augmentée par un ressort de renfort. La tige est généralement disponible en forme droite et coudée.

Elle peut être équipée de socs de binage, patte d’oie ou à ailettes, ainsi que de lames planet. En option, les tiges elles-mêmes peuvent être équipées de plaques de buttage supplémentaires, qui permettent de buter davantage le sol derrière le véritable soc. Des sarcleuses à doigts brevetées sont disponibles auprès de certains fabricants, et peuvent également être utilisées pour un désherbage en aval.

Même si cela est plus rare, de grands corps de butteuse sont également parfois disponibles. Dans ce cas, cependant, il faut choisir un ressort supérieur un peu plus grand, car le corps de butteuse pèse lourd et le sol à déplacer représente une résistance non négligeable. En fonction du type de sol, utiliser un renfort peut également être pertinent. Les ressorts supérieurs simples sont généralement disponibles en deux niveaux de résistance. D’une part, on trouve une version un peu plus petite avec une section transversale de 32 x 12 mm, équipée généralement d’un ressort de renfort de 32 x 10 mm. C’est le modèle standard, disponible chez presque tous les fabricants. Mais il existe également des ressorts supérieurs plus grands pour les sols difficiles en 40 x 12 mm et 40 x 10 mm, ou 45 x 12 mm et 45 x 10 mm. Les versions plus résistantes utilisent souvent des tiges également plus résistantes. Les coupes transversales les plus courantes sont ici de 32 x 10 mm et de 35 x 12 mm. La tige est fixée au moyen d’un dispositif de serrage. Selon le système, il est conçu en une ou deux pièces. Cependant, les fixations peuvent souvent être échangées, car les ressorts supérieurs ont généralement une forme similaire.

La plupart des socs disponibles pour les dents en S peuvent également être utilisés pour les dents vibrantes au moyen d’une tige adaptative. Un outil est en revanche réservé aux dents vibrantes, en raison de son fonctionnement ; il s’agit de la lame type planet. Ces couteaux à lame tranchante, généralement pliés à angle droit d’un côté, sont destinés à être utilisés directement sur le rang. Elles ne dépassent souvent pas 3 ou 4 mm d’épaisseur et coupent de manière très superficielle et précise les racines des mauvaises herbes sous la surface. Pour cela, le guidage précis de la dent vibrante est essentiel. Lors du choix de la largeur de travail, il est important d’accorder une attention particulière au chevauchement. Surtout avec les herbes les plus souples, un chevauchement trop faible peut entraîner un glissement des plantes entre les lames. Lorsque l’on travaille à proximité du rang, il est essentiel de privilégier la protection des cultures.

Pour les lames planet déjà mentionnées, il existe des modèles assurant une certaine protection par leur forme même, ou pouvant être équipés de plaques de guidage supplémentaires. Ce n’est généralement pas le cas avec les autres socs, ce qui veut dire que la terre retournée ou les pierres peuvent éventuellement endommager les cultures. Pour éviter cela, il existe des plaques ou des disques de protection qui sont installés parallèles aux outils de travail et conçus pour empêcher le contact avec les plants. Le choix du bon outil ne repose que sur quelques critères. Les disques et les plaques sont peu sujets à l’usure. Alors que les disques ont un besoin de traction un peu plus faible en raison de leur rotation propre, les plaques couvrent une surface de travail plus longue. Notamment lorsque plusieurs outils doivent être utilisés successivement à proximité du rang, les plaques sont presque incontournables.

Pour les cultures sur billons, comme les pommes de terre, les fabricants proposent des corps de butteuse spéciaux. Ceux-ci peuvent être ajustés mécaniquement pour s’adapter à différentes largeurs de rang. Dans certains cas, ces derniers sont également montés dans des supports distincts. Ils sont généralement très massifs et, en raison de leur position de fixation très reculée, ils augmentent considérablement la charge à l’arrière du tracteur. La puissance de traction nécessaire est donc bien plus forte.

Les fraises de binage sont généralement montées par trois côte à côte et peuvent être réglées de nombreuses manières. La rotation des fraises à droite et à gauche est inversée, c’est pourquoi elles sont peintes en rouge et en noir pour éviter toute confusion. Les résultats peuvent varier considérablement. Les fraises peuvent être utilisées pour ameublir ou émietter le sol. Il est également possible de désherber ou combler l’espace entre les rangs. Si elles sont positionnées en biais, le sol peut être travaillé soit en direction du rang, soit à l’opposé de celui-ci. Dans les cultures sur billons, les fraises de binage peuvent travailler les côtés des billons grâce à l’ajustement axial. Selon le fabricant, il existe même des bineuses entièrement équipées de fraises.

Nous abordons finalement ce qui vient également en dernier sur la machine ; les griffes de semoir. Il s’agit généralement de la dernière partie du passage et, en fonction des réglages et de la conception, elles sont destinées à balayer un peu plus agressivement ou plus faiblement le sol ameubli et, par exemple, à emporter les résidus végétaux ou à répartir la terre. Pour cela, chaque fabricant a sa propre méthode. Il faut dire que presque toutes les griffes de semoir font le même travail. Pour faire son choix, l’utilisateur ne doit normalement que déterminer l’espacement des dents et la force de résistance nécessaire. Parfois, le choix peut être limité par la conception des machines. Dans une certaine mesure, il est également possible d’échanger entre les systèmes des fabricants afin de trouver la solution la plus adaptée.

Compte tenu des vastes gammes proposées par les nombreux fabricants en matière de techniques de binage, chacun devrait trouver un outil adapté à ses cultures. Si vous souhaitez mettre à jour votre vieille machine ou l’adapter à d’autres cultures, vous n’aurez qu’à consulter les offres des fournisseurs de pièces détachées concernés. Vous y trouverez généralement, outre les modèles habituels des fabricants, quelques nouveautés et modifications. Si vous ne savez pas par où commencer, vous pouvez également contacter les conseillers techniques de ces entreprises. Ils vous donneront généralement de bonnes indications. Vous pourrez également connaître rapidement les possibilités d’attelage qui s’offrent à vous.

Cet article a été partagé par Industriehof.

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